Réflexions du fauteuil : le protectionnisme américain va faire mal
01 02 2009
Ajouté le 2 février : on apprend ce matin que le tiers des employés de l'acier au Québec pourraient perdre leur emploi. On parle de 2,000 travailleurs sur les 6,000 que comptent la soixantaine d'entreprises qui oeuvrent dans ce secteur industriel. Si cela se confirme, notre lune de miel avac M. Obama aura duré le temps de dire "Yes, We Can".
_________________________
Tous les Canadiens se sont réjouis de l’élection de Barak Obama. Il y a malheureusement un revers à cette médaille un peu trop parfaite, les démocrates américains sont traditionnellement protectionnistes. En ce qui nous concerne, c’est une très mauvaise nouvelle qui s’ajoute aux difficultés économiques que nous traversons cette année.
Le protectionnisme est l’antithèse du libre-échange. C’est une politique économique dont l’objectif vise à protéger la production nationale contre la concurrence. En d’autres termes, il s’agit de protéger les emplois en fabricant chez soi plutôt que de favoriser les importations. C’est une mauvaise nouvelle parce que 75 % de notre commerce extérieur se fait avec les États-Unis. Il y a beaucoup d’entreprises d’ici qui seront en grande difficulté financière si le marché américain se ferme. C’est le cas du Groupe Canam, un producteur d’acier, qui écoule 40 % de sa production au sud de la frontière.
Sur les 820 milliards d’investissements du plan Obama pour sortir les États-Unis de la récession, les 2/3 iront dans la réfection des infrastructures. La semaine dernière, la Chambre des représentants a adopté une loi qui bannit l’importation d’acier dans ces projets. Cette semaine le Sénat entend aller plus loin en interdisant carrément l’utilisation de tous les biens importés. C’est un coup dur pour l’économie canadienne, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Il faut s’attendre à ce que l’industrie automobile soit tentée de fermer les usines canadiennes pour protéger les emplois américains avec la bénédiction d’Obama. C’est un cancer financier qui risque de s’étendre à tous les secteurs manufacturiers.
Il faut se rappeler que pendant la campagne électorale, Obama et Hilary Clinton ont invoqué la nécessité de réviser le Traité de libre-échange. D’ailleurs, il n’aurait jamais existé si Brian Mulroney qui en faisait la promotion n’avait pas eu comme vis-à-vis George Bush père, un président républicain. Le libre marché fait partie du crédo économique des républicains. La prise de pouvoir par les démocrates arrive au pire moment en ce qui nous concerne.
Il n’y a que Stephen Harper pour sauver la mise et les emplois canadiens liés aux exportations. Nous verrons comment il va agir dans deux semaines à l’occasion de la visite officielle d’Obama le 19 février. J’espère qu’il ne va pas confirmer mes appréhensions. J’ai beaucoup de difficulté à imaginer Harper en sauveur.
Les États-Unis sont si profondément blessés par la crise qu’ils seront tentés de nous saigner à mort pour survivre.
La bande dessinée ci-dessus à été publiée sur le site de la CSN.
http://lesbulles.monblogue.branchez-vous.com/
Publié par : jacqueso à 15:36:47Permalien
Comments :
Catégories : politique, actualité, société, opinion


